«Les ailes de l’Apocalypse»
Ouah!
Dans ce rêve je vois une femme qui se dit «Parfaite». En s'approchant de moi elle se couvre la tête d'une coiffe et me dit en souriant : Je te souhaite un bon voyage! S’ensuit alors un intense bourdonnement, puis plus rien! Où suis-je? Peu à peu le flou s’estompe et à ce moment là, je me découvre comme suspendu à un ciel de sable rouge. L’endroit est immensément silencieux, une sorte de monde renversé ou tout élément périphérique est flottant…Et moi, je suis là, en état d’apesanteur, à demi fou, creusant de toutes mes forces cette rougeur qui m'apparait sans cesse être en recule…Pardon! Je creuse pour trouver quoi! Je crois qu’il s’agit d’une clé! Oui c’est cela, la clé de ma mémoire! Alors entre deux respirations, le souffle court, il me semble reconnaitre un visage familier. Un vieux médecin de l'amnésie, un dénommé Hermès TRISMEGISTE. Hermès me dit que lui s’est redécouvert devant le miroir du dieu THOT, c'est alors qu'il créa pour chacun le langage et l’écriture comme remède. L'écriture pour nommer notre «ça» et se souvenir de son parcours... Peut être que pour apparaitre ma mémoire à besoin elle aussi d’écrire ses instances, ou son propre monde? Un tangible hallucinatoire! Ou peut-être l’inverse, une énergie libidinale s’imaginant elle-même… Alors comme je ne suis sûr de rien! Je bâtirai dans de ce sable rouge des châteaux et tout autour un monde! Un monde fait de vallées et de plaines, un lieu ou régneront plusieurs langages, un lieu où je me construirai une histoire, un élan qui me permettra peut être alors de me souvenir… De me souvenir de ce que nous fûmes avant cette nouvelle œuvre…Mais une idée m’obsède! Qui était donc la dame à la coiffe? Au-delà de cette énigme, je vois maintenant se dresser les pics de mon royaume! Une conscience collective en marche! Une belle écriture, faite de souffre et de sel, portant les corps et leurs prières jusqu'a l’alambic de ma « mémoire consciente»… Je redeviens pour les juges et prédicateurs le blanc et le noir... Une dualité entre foi et politique, l’inédit de mes synapses rebâtit, pierre après pierre, l’hégémonie d’une conscience actant l’histoire des faits comme une véritable philosophie. Le territoire vierge de ma conscience est à nouveau "Exposé en proie". Je renouvèle la location de mon âme au service des corps! Et si le doute doit réapparaitre alors l'inquisition de ma raison protègera elle même ses certitudes! Bientôt je maitriserai toute l’étendue du visuel, qu’il soit tangible ou obsessionnelle!!! Néanmoins je vous l'avoue, malgré cette belle maitrise «Son sourire» me hante! Celui de la femme à la coiffe! Oui la «Parfaite»! Lorsqu’elle m’a souhaité «Bon voyage» pourquoi souriait-elle? Elle semblait déjà connaitre tous les secrets de mes intentions… Comment cela est-ce possible? Les faits ne sont donc qu’un allaitement prodigué par l'aléatoire! Une sorte d’éducation de notre sensible pour traverser notre éphémère? Son sourire savait! Elle savait que mes armées ne pourraient vaincre les murailles de la matière! EIle savait que mes croisades me mèneraient du même coup à ma propre destruction… Le rouge du ciel est de retour et la tempête s'abat sur cette nouvelle page d'histoire, sa violence en arrache jusqu'aux lettres de mes mots et ma mémoire redevient hémorragique... Hermès, où ai-je échoué? Tu m'avais dit qu'avec les mots je me souviendrai toujours... Peut être n'ai-je pas compris le but originel du langage? Ou bien ne s’agissait-il que d’une simple initiation au sens? Toi «la Prophète» ! Reviens-moi! Ouvres-moi une fois de plus les yeux! Offres à mon âme un nouvel Apocalypse! Que ton Œuvre humide me reconstruise! Peut importe la nature de l'écorce, quelle soit celle d'un roi ou d'un mendiant, la seule volonté de mon "ça" sera de se soustraire à leurs illusions... Vous les St Jean, gardiens de nos Testaments, levez en nous le voile de notre compréhension en nous offrant un esprit… Auteur : Michel BEAUDOUIN le 20-01-2012
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